01 mai 2006

Les illusions perdues

16 ans, le bel âge, un peu royco un peu catho un peu facho, merci papa pour le bel héritage ! Au lycée, les premiers grands débats politiques avec les fils de prof marxistes, les pasionarias du bol de riz, les petits-bourgeois friqués. Seul contre une armée de décérébrés tu forges tes premières armes en te confrontant aux autres et déjà tu te sens au-dessus du lot, tu sais que tu as tout compris.
Puis vient la fac, ce grand type chèche-barbour coupe réglementaire , à l’autre bout de l’amphi, tu as l’impression qu’il pense un peu comme toi. Vous sympathisez et, l’année s’écoulant, vous en trouvez d’autres qui éprouvent la même joie que vous de ne plus se sentir seuls. Un petit groupe se forme. Là l’aventure commence, réunions politiques tenues dans les arrières salles des bistrots, agit’ prop à la fac, tractages devant les lycées du centre ville et à la sortie de la messe du soir (celle des fêtards) pour recruter petits minets et jolies tratra, votre premier fanzine… Quelques skins vous rejoignent, vous bricolez avec les mecs du fneuj, traînez vos guêtres chez Villiers. Chaque jour que Dieu fait, vous partagez un noble idéal et aussi de nombreuses bouteilles de scotch ou de kro quand le mois touche à sa fin. Quelques paumés en mal de subversion vous rejoignent, ils sont les bienvenus, plus on est de fous…
Aujourd’hui tu as 30 ans. Tu as tout renié ne pensant plus qu’à ta réussite professionnelle. Ou bien tu t’es marié, et accaparé par les couches-culottes du petit Cyprien tu n’as plus le temps de grand-chose, alors tu maintiens en racontant les hauts-faits de Jeanne d’Arc à Victoire et Albéric avant qu’il n’aillent se coucher, puis le dimanche tu emmènes ta petite famille prier à Saint-Nic ou dans quelque chapelle tradi de province, une fois par an tu vas avec eux aux BBR. Mais peut-être as tu préféré t’engager dans l’armée, toujours célibataire tu écumes les soirées vieux de la vieille ou électrachic, les soirs de perm, et tu te sens vieux. A moins que tu ne sois toujours là, à maintenir le flambeau déclinant, tous tes potes t’on abandonné, mais toi tu y crois encore. Ta devise : « semper fidelis ». Evidemment le vieux n'a plus tellement de temps devant lui pour sortir ses conneries sur Oradour, le Marquis peut une fois de plus rentrer sagement au bercail, quant au nain c’est fini pour lui.

Ta jeunesse polyfafe est derrière toi, mais l’avenir, de quoi sera-t-il fait ?

Commentaires

Personnellement, je n'ai rien renié. Mais malheureusement je suis déçu de l'inaction des gens de nos milieux.

Je cherchais du courage, de l'abnégation, de l'impertinence, de la combativité face à l'ennemi. Mais j'ai surtout trouvé de l'autosatisfaction dans les propos, et beaucoup de passivité dans les faits. Le militant d'extrême droite n'a rien d'un extrémiste. Il mène sa petite vie bien rangée. Il se fait des petits films de temps en temps en privé avec ses camarades. Mais il a tellement peur du qu'en dira-t-on qu'il cache bien soigneusement ses idées au fond de son placard. Et dans la vie de tous les jours, rien ne le distingue du blaireau moyen.

Je trouve que c'est plutôt pitoyable quand on se targue d'être les héritiers de la civilisation européenne. (Soupir...)

Signé :

Un polyfaf prétendument identitaire mais délicieusement réac. ;-)

Écrit par : Ich sage nein ! | 05 mai 2006

Cher Ich sage nein !
C'est à peu près le même sentiment que vous qui m'a poussé à créer ce blog. Moi non plus je n'ai pas baissé les bras. L'inaction de nos milieux n'est pas plus condamnable que son activisme stérile.
Aujourd'hui je n'ai plus le temps de militer au sens strict du terme, mais je crois faire aujourd'hui bien plus pour nos idées d'une part en les transmettant à mes enfants et d'autre part en saisissant toutes les occasions, tant au bureau que chez des amis étrangers à notre petit monde de Polyfafie, pour exposer mes convictions sans y coller quelque étiquette que ce soit.
L'essentiel est de faire concorder ses comportements quotidiens avec ce que l'on croit profondément et j'ai grande foi en l'exemplarité.
Ne soyez sutout pas vexé par la formule que j'ai choisie pour définir votre site, et si l'expression est un tantinet galvaudée, sachez tout de même que j'aime beaucoup ce que vous faites.

Écrit par : Lucinda faf | 05 mai 2006

La formule ne m'a pas vexé, bien au contraire. Ce que j'apprécie chez les Identitaires, ce sont les réalisations. Ils ont réussi à inventer, à innover : sites internet, soupes au cochon, actions de lobbying.

Par contre, pour les discours, je suis certes un peu blasé. Les théories ne m'intéressent que si elles sont conformes à la réalité. Certains se complaisent par exemple en évoquant un sursaut identitaire européen : pour l'instant ce n'est que de l'imaginaire. ET bien souvent, c'est un argument pour ne rien faire : on attend le moment propice. Mouais... Et si ce moment ne vient jamais ? Nous serons passé à côté de notre vie...

Écrit par : ich sage nein | 06 mai 2006

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