21 mai 2006

Le déclenchement muet des opérations cannibales

Au hasard d’une flânerie dans une librairie, retrouver Jérôme Leroy, retrouver son univers familier, celui de notre monde qui finit et la douceur des derniers plaisirs au charme suranné qui y sont encore autorisés, faire l’amour, fumer, lire de vieux livres, regarder le dos nu des jeunes filles sur les plages, se saouler au Bushmill , comme une ultime résistance à la chaleur étouffante de l’athmosphère de la nouvelle Europe où il n’est plus question que de l’effet de serre.
De nouvelles en romans, de romans en nouvelles, Jérome Leroy réécrit sans cesse la même histoire comme un Compagnon orfèvre qui recommencerait indéfiniment son chef d’œuvre pour atteindre la perfection, parvenir à l’aboutissement de son art le plus épuré.
Aujourd’hui c’est en vers que Jérôme Leroy a décidé de nous raconter à nouveau la fin de l’ancien monde, les images restent les mêmes, mais plus pures, plus brutales aussi.


Dité

Prévoir la catastrophe
Ne console en aucune manière
De la catastrophe
Les prophètes sont des types malheureux
Et Cassandre une fille dépressive
La ville brûle ma chère Haute Poupe
La ville brûle et nos je te l’avais bien dit
Ne changent rien à l’affaire
Le chat de la catastrophe
Sur le balcon dantesque
Voit déjà
Dité
Derrière la métropole crue moderne une fois de trop
La ville brûle je te l’avais bien dit
Et Dante aussi et Cassandre
Et le chat
Le chat de la catastrophe
Sur le balcon de l’enfer
Sur le balcon de dité


Le déclenchement muet des opérations cannibales – Jérôme Leroy – Edition des Equateurs – avril 2006

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