12 juin 2006

FETE DE LA COURTOISIE

Dimanche 11 juin, 15 heures, Métro Porte de Charenton... C'est la canicule à Paris. Dans la rue la vie semble s'être arrêtée... Sinistre, ce quartier qui borde le périphérique !

La bouche de métro laisse s'échapper au compte-goutte la procession clairsemée des auditeurs de radio Courtoisie qui un peu désorientés dans cet endroit peu engageant, un peu abattus par ce soleil de plomb, hésitent sur la direction à prendre et finissent par trouver le chemin de l'Espace Charenton grâce à la colorée préposée de la RATP auprès de laquelle il a bien fallu se résoudre à aller chercher des renseignements.

Un abbé en soutane, un jeune couple avec une poussette, et des cohortes de vieux messieurs dignes et de vieilles dames pas toutes élégantes. Se jetant les uns aux autres des regards de connivence, bien vite ils lient conversation sur les quelques mètres qui les séparent de leur lieu de pélerinage, un hangar sordide et grouillant dans lequel le manque d'air rend la chaleur encore plus insupportable.

Dans le brouhaha on distingue des voix chevrotantes d'anciens combattants louant la "france éternelle", des voix suraiguës de bigottes "vous ici cher ami !", des voix tonitruantes évoquant ces guerres d'autrefois, le souvenir de l'espérance, de la vigueur, de l'enthousiasme, de la jeunesse d'alors masquant l'amertume de la défaite. Cette défaite si palpable dans cet endroit improbable et étouffant.

Ils sont tous là Serge de Beketch, Daniel Hamiche, Yves-Marie Adeline, Sanders, Françoise Monestier, Chard, Miège... Soudain il apparaît, magnifique malgré ses béquilles, avec sa tête d'aventurier à la Roger Moore, le Prince Sixte-Henri de Bourbon Parme. Dans son sillage un petit homme repoussant aux allures de fou, Jean-Christophe C., qui à cause de la chaleur sans doute a omis d'arborer son éternel béret.

Lucinda était heureuse de les revoir tous, mais un peu amère elle se souvint autrefois de la jeunesse qui florissait au côté des vielles générations, où était-elle hier cette jeunesse ? Nous n'avons pas su transmettre le flambeau... Pourtant il faut garder espoir car ce pays réel que nous croyions évaporé renait. Il s'est manifesté il y a quatre ans, un 21 avril et bientôt il montrera de quoi il est capable.

04 mai 2006

S.O.S. TEMPLIERS

 

Qui n'a jamais un jour franchi la porte du bar des Templiers (35, rue de Rivoli, Paris IV). Ce bar insolite est l'un des hauts lieux de la Polyfafie. Qu'il était bon de s'y retrouver au petit matin du 1er mai pour partager un café avec des amis avant de suivre le cortège de la grand messe frontiste, ou bien encore les veilles de 21 janvier et de 16 octobre à la lueur des bougies pour refaire le monde au son des chants du Choeur Monjoie Saint Denis en buvant du champagne rosé, cuvée des Templiers, s'il vous plaît !

Combien nous les aimions ces vitrines poussiéreuses ou s'entassaient bibelots et statuettes à l'éffigie de nos rois, représentations de Sainte Jeanne d'Arc, photos du Colonel Bastien-Thiry, ces murs recouverts d'affiches du pélé de Chartres ou du rassemblement du Mont des Alouettes, de généalogies, de photographies de Louis XX.

Ce bar était plus encore insolite les jours ordinaires lorsque l'on voyait défiler les turfistes qui faisaient la queue sous les vitrines du petit musée royaliste de Monsieur Serre pour enregistrer leurs paris auprès d'un homme peu avenant aux allures de Raspoutine, ou lorsque les homos du marais venaient s'approvisionner en cigarettes, à peine perturbés par l'histoire des guerres de vendée dont l'enregistrement passait en boucle.

Aujourd'hui Monsieur Serre, afin de se soumettre au racket de l'Etat, a dû se séparer d'une partie de ses collections qui ont été dispersées à Drouot. Mais le Bar des Templiers existe encore et pour qu'il revive je vous incite à vous y rendre nombreux afin d'aider modestement le patron des lieux. Les plus généreux d'entre vous pourront adresser leurs dons à S.O.S. TEMPLIERS, chez Monsieur Ronan de Lambilly, 139, rue de la Tour, 75116 Paris.