09 juillet 2006

VICTOIRE !

Luncinda n'aime décidément toujours pas le foot. Aussi en ce 9 juillet qui semblait revêtir aux yeux de Monsieur Toutlemonde, et même de Madame Michu, un caractère tellement important que son issue paraissait liée à la destinée de la France, elle avait préféré profiter de cette belle journée avec une de ses amies. Loin du monde elle n'avait pas perçu combien cette journée fut celle d'une longue attente, l'attente d'une victoire qui donnerait enfin aux Français des raisons de se réjouir, de tromper la vacuité de leur existence, de narguer leurs angoisses... Versailles, 19 heures, aujourd'hui... Retour à cette réalité médiocre. Embouteillage monstre devant les grilles du château, une longue file de voitures arborant le drapeau français, klaxonant à tout va, une jeunesse multicolore et vulgaire grimée aux couleurs de la France se presse pour voir la finale. Lucinda et son amie préfèreront profiter des derniers rayons du soleil en sirotant un bon verre de vin.
Retour à la maison, pas un chat sur la route, ils sont tous devants leurs écrans. Lucinda, zappe sur sa radio espérant entendre de ces musiques qu'elle aime, il faudra se contenter de ce qu'il y a... ce soir c'est foot sur toutes les stations. On en est aux prolongations, un but partout. Arrivée dans Paris, les terrasses des cafés sont noires de monde, premier drapeau algérien, Lucinda a mal au ventre. Vient le moment des tirs au but et l'anxiété des foules qui envahissent la rue est perceptible. Lucinda aussi est inquiète, elle va bien finir par écraser un de ces cons irresponsables.
Pourvu que l'Italie gagne, sinon on va devoir manger du "black, blanc, beur" à tous les repas pendant des mois, remarque si l'équipe de France remporte la victoire tous ces gavés de la société du spectacle vont prendre leurs voitures pour aller sur les Champs et Lucinda n'aura aucune difficulté à se stationner... Cruel dilemme ! Ouf une place, Lucinda se gare. Il faut que l'Italie gagne. Elle s'apprête alors à éteindre sa radio quand l'heureuse nouvelle tombe... les bleus ont perdu !
On l'a echappé belle !
Lucinda descend alors la rue jusque chez elle. Encore quelques minutes et elle n'aura plus à subir le spectacle affligeant de ces pauvres filles en pleurs comme si soudain leur vie venait de basculer.

05 juillet 2006

DEMOCRASSOUILLE

Qu'il est agaçant ce besoin qu'ont les média, en cette période de coupe du monde, d'éclairer toute l'actualité à la lumière des succès remportés par une équipe de foot cosmopolite sensée représenter la France...

Ainsi, on ne peut entendre évoquer les investitures aux élections législatives des candidats de la droite molle ou des socialo-coco sans avoir à subir les commentaires insistants des journalistes sur la discrimination positive que ces partis ont bien du mal à appliquer (les places sont chères !) sans que cette démarche ne soit comparée à la belle image "black, blanc, beur" (ou plutôt black, black, black, black...blanc, beur) que l'on voudrait associer à celle d'une France heureuse et dynamique.

Ce matin sur France Inter ( une mine cette radio !), dans un éclair de clairvoyance, un journaliste demandait à Jean-François Lamour, Ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative (quand on y réfléchit bien, qu'est-ce que c'est con comme idée un Ministre de la jeunesse, con certes mais tellement dans l'air du temps !) si cette coupe du monde n'avait pas un effet "opium du peuple" insinuant qu'il était un peu démago de surfer sur cette vague du succès footballistique. Offusqué, le Ministre balaya cette suggestion d'un revers de la manche affirmant que la France était une démocratie et que par conséquent le foot à toutes les sauces n'était pas du gavage de foules abéties mais bel et bien la réponse à un élan du peuple...

Merci Monsieur Lamour mais vos salades n'ont pas convaincu Lucinda car au travers de cette démocratie paravent c'est le pire des totalitarismes que vous imposez à la France, celui de la médiocrité lénifiante et du métissage obligatoire.

27 juin 2006

MEDIOCRITE

Chichi démago, lors de son intervention télévisuelle d'hier, a voulu parler à la France d'en bas qu'il souhaiterait gavée de pain et de jeux. Grosse bourde, il a appelé de ses voeux une finale France-Brésil... Il paraît que ce n'est pas possible, ne me demandez pas pourquoi, je n'y capte rien, c'est Julien Dray qui me l'a soufflé. C'est bien la peine de se faire préparer des fiches par une armée de conseillers si c'est pour se montrer aussi minable et incompétent sur un sujet aussi médiocre.